« Que l’on s’engage dans une démarche d’amour de soi ou d’amour des autres, il nous faut toujours aller au-delà du domaine des sentiments pour réaliser l’amour. C’est pourquoi il est utile de considérer l’amour comme une pratique. » — bell hooks
S’inspirant des écrits de l’autrice afroféministe bell hooks, cette exposition personnelle de l'artiste Marie-Danielle Duval à la Maison de la culture Marie-Uguay nous convie à une introspection et à une réflexion collective sur le soin, la guérison et le pouvoir transformateur de l’amour radical. Elle y rend également un hommage tendre à sa grand-mère sénégalaise.
Ses sculptures, dispersées dans la galerie et recouvertes de sable prélevé sur la terre natale de sa défunte grand-mère, créent une métaphore puissante de l'enracinement et de la mémoire. Le sable, matériau éphémère et chargé d'histoire, symbolise à la fois la fragilité de l'existence et la permanence de l'héritage, la nostalgie et le souvenir. Cette dualité rappelle les réflexions de bell hooks sur l'expérience des femmes noires, marquées à la fois par l'oppression et une résilience extraordinaire.
La figure de la sirène, omniprésente, devient une allégorie. En réinventant le mythe de cette créature marine, Duval lui confère une nouvelle dimension : celle d'un symbole de libération et d'émancipation. À travers l’anthropomorphisme, elle explore les potentialités infinies de transformation des femmes noires. Cet univers onirique et spirituel magnifie l'interconnexion et l’interdépendance entre les êtres.
L'amour, sous toutes ses formes, est au cœur de ce projet, non seulement comme un sentiment, mais comme une pratique transformative.
Photos © William Bobby Sabourin
